Il a concerné de nombreuses générations de français. Il a façonné la mémoire de beaucoup et fixé des souvenirs pour tous ceux qui l’ont vécu. Il a fait ses preuves mais a aussi fini par montrer ses limites. Il a beaucoup fait parler de lui sous l’ère Chirac pour finalement être abandonné au profit d’un professionnalisme, conséquence d’une complexification des affrontements internationaux. Je veux parler ici du Service militaire.
Etre pour ou contre n’est plus le débat aujourd’hui. La question a été tranchée en son temps sur la constatation faite d’un coût exorbitant pour un résultat peu probant. Paix à son âme !
C’est peut-être oublier un peu tôt ; avant que ceux qui le pouvaient y échappent, finissant par dévoyer sa fonction sociale à côté de sa fonction militaire ; que le Service militaire accueillait en son sein toutes les classes sociales, réunissant ainsi tout ce qui était épars dans une société.
Tout le monde l’observe aujourd’hui comme si cela était immuable, que le lien à la Nation de la génération actuelle se distend dangereusement : nous ne ressentons plus, nos jeunes ne ressentent plus aujourd’hui le même attachement à la Nation que nos aînés : la Paix, ce bien inestimable est considéré comme une donnée, un axiome intangible. Nos pères et nos grands pères savent bien que c’est hélas absolument faux et que toute paix reste subordonnée à la sagesse de nos gouvernants. Or nos sages gouvernants de demain sont nos jolies têtes blondes d’aujourd’hui.
A ce recul de la soumission à l’autorité, de la discipline, du don de soi, de son implication pour une Nation plus responsable, prospère donc aboutie, un service civique volontaire avait été mis en place en 2005 pour compenser le vide finalement laissé par la suppression du Service militaire : progressivement mis en œuvre par les collectivités locales, avec l’aide d’associations, le dispositif concerne aujourd’hui 2 600 jeunes.
Dans son rapport sur le service civique remis le 10 septembre au président de la République, Luc Ferry a recommandé la mise en place d’un service volontaire progressivement accessible à 60 000 jeunes. Luc Ferry prône dans son rapport un service civique "volontaire plutôt qu’obligatoire", même s’il affirme que "les deux modèles se défendent.
Le rapport préconise la mobilisation des jeunes pour une durée de six mois consécutifs, moyennant une bourse de 650 euros mensuel "sur des projets d’intérêt public" touchant, par exemple, à l’écologie ou à des structures européennes. Le service civique s’adresserait aux jeunes de 18 à 25 ans, qui bénéficieraient d’un système de valorisation des acquis.
C’est parce qu’une classe d'âge, c'est 750.000 jeunes (...) on n'a pas 750.000 postes par an à leur offrir a-t-il insisté, pour justifier le volontariat à l’obligation.
Il a probablement raison mais, l’acte de volontariat, suppose que l’on soit déjà animé par l’acte d’engagement et le souci des autres. Justement le Mal dont souffre aujourd’hui notre société.
Pour éviter le stage photocopie que craint Luc Ferry, et pour éviter que cette idée louable n’aille rejoindre le charnier des « bonnes idées », les Jeunes Actifs proposent que le département des Hauts de Seine fasse montre d’exemplarité en mobilisant les énergies sur le sujet.
A bien y regarder, on doit bien pouvoir trouver des tâches et actions pour plus de 60 000 personnes en France : aux stages photocopies, opposons l’apprentissage du secourisme : combien d’entre nous savent que faire lors d’un accident de voiture, combien savent se servir d’un défibrillateur cardiaque etc.. Certaines règles basiques du maintien de l’ordre pourraient également être mise en pratique : au bénéfice d’évènement exceptionnels (dramatiques ou non). Aujourd’hui, le secteur parait atomisé : la sécurité civile (ou ce qu’il en reste), les volontaires de la croix rouge, ceux de la SNSM (qui ont un mal fou à recruter), les CRS pour la surveillance des plages, l’ONF pour les feux dans forêts méridionales, l’armée, le service minimum dans les écoles,…
Si ce sujet vous intéresse et si vous voulez partager avec nous ce travail, n’hésitez pas à nous rejoindre. Il est l’affaire de tous.
Stéphane Pésic
stephane.pesic@jeunesactifs92.org